Panier de crabes.

Panier de crabes.
Panier de crabes.

Moi qui croyais que surf à gogo et désert à tire-larigot rimaient avec vie politique à zéro, j'ai tout faux.
La scène politique australienne s'avère remuante, voire surprenante.

Savez-vous par exemple qu'en 1967, ce pays a défrayé les chroniques politiques du monde entier, en devenant la première et seule nation à... égarer son Premier Ministre. Le pauvre sire en poste alors, disparût aux yeux et à la barbe de son contingent de sécurité, un matin dans les vagues au large de Melbourne. Jamais été retrouvé. Ca fait désordre.

Dans le genre pagaille, il faut se pincer devant les débats parlementaires : les célèbres estocades dans notre hémicycle des bords de Seine sont fort civiles comparées aux empoignades verbales musclées de la Chambre à Canberra. Chaque ministre du Shadow Cabinet - qui regroupe les têtes de file de l'opposition - se fixe en effet pour objectif - certes peu original - de démolir toute action de son alter ego au pouvoir... au bazooka. Epais voire grossier, chacun tire à vue à l'arme lourde sans réserve ni sommation. Résultat, c'est pataud, puérile, souvent déplacé et triste à mon goût, mais tout le monde ici adore ça.

Enfin une jolie perle pour terminer. L'ancienne leader du parti national d'extrême droite, récemment sortie de prison pour abus de biens sociaux (no comment) est devenue en dansant la salsa dans un reality show, une star du petit écran à en faire péter l'audimat !

Ma pirouette finale est toute trouvée: à quand Jean-Marie à Star Academy ?

# Posté le lundi 06 mars 2006 01:55

De la piquette à l'étiquette.

De la piquette à l'étiquette.
De la piquette à l'étiquette.

Ce n'est pas de ma faute si mon apprentissage oenologique s'est fait au Bourgogne.
Pas d'offense pour les bordelais mais vous conviendrez que ça pose la barre plutôt haut.

Invité l'autre soir par un couple charmant et trahi par mes références gauloises, me voici confronté à la question du maître de céans : que pensez-vous des vins australiens ?
Contraint à mon palais défendant, de jouer les Parker des mers du Sud, je me lance devant un auditoire crédule, dans un exposé neutre et faux cul sur la bibine australe.

La vérité, la voilà. Si j'ose le satisfecit pour le blanc, aucun rouge ne m'a jamais encore conquis.

Sec ou doux, j'avoue que le blanc austral tient son rang. J'ai goutté des Resling au fruité délicat et la vallée de Barossa commet quelques secs qui, si ils ne sont certes pas au niveau d'un Pouilly Fuissé, promettent aux papilles averties un moment délicieux.

Véritable râpe à gosier, enrichi à l'excès de saveurs et colorants peu subtiles, le rouge est à mon goût vulgaire et racoleur. Qu'importe son prix ou son origine, Cabernet, Shiraz ou Merlot australiens n'arrivent pas à la cheville d'un bon Meursault.

Décidemment malin, le producteur local sans complexe tire les ficelles du marketing et baptise ses petits avec une liberté créative qui fait mouche. Mon label favori, 'Ten Minutes by Tractor' (!), gentil Pinot Noir, est référencé autour de la planète dans le top des endroits à la mode.

Là même où « qu'importe l'ivresse pourvu qu'on ait le flacon ».

# Posté le lundi 13 mars 2006 16:29

Modifié le lundi 13 mars 2006 23:53

Coquille d'oeuf toi-même !

Coquille d'oeuf toi-même !
Coquille d'oeuf toi-même !

Si Copenhague a sa Sirène, New York sa Liberté et Rio son Pain de Sucre, la star de la baie de Sydney est sans sourciller son Opéra.

Grillant la politesse au fameux Harbour Bridge inauguré à peine 25 ans plus tôt, c'est en 1957 que l'esquisse d'un des bâtiments les plus célèbres du monde a été choisie pour remplacer une banale gare routière au bord de l'eau.

Moi je tire mon chapeau à la Municipalité de Sydney pourtant réputée conservatrice, qui eu l'audace alors - à Paris la toute verticale Défense sortait à peine de terre - de miser sur le design décalé d'un obscur architecte danois, Jorn Utzon.

La construction de l'Opéra connut les affres d'un projet avant-gardiste et controversé : la structure de béton mit 16 ans à sortir de terre et le budget initial a été multiplié par dix à l'arrivée. Provoquant aussi sec et au milieu des travaux, le renvoi peu poli du viking dans ses nordiques pénates.

Et ses détracteurs de persifler qu'on a tout de même eu du culot de répandre ces énormes coquilles d'oeuf sur le bord de la baie.
Excuse me mais moi je vois plutôt les voiles déployées d'un navire en mer.
Ce doit être mon côté poétique...

Alors oeuf, voile ou coquille, qu'importe la métaphore, l'endroit reste magique. Flâner à l'ombre de l'édifice sur les quais qui font face au Bridge, fait partie de ces moments forts. Ceux qui donnent à Sydney ce sentiment unique et attachant. Ceux qui me rendent tout chose.

Tiens jugez plutôt, en écrivant ces lignes j'ai la chair de poule.

# Posté le lundi 20 mars 2006 02:15

Question de style.

Question de style.
Question de style.

Blondes ou brunes, sourire sage ou air coquin, peau mate ou teint lacté, les filles que l'on croise dans les rues de Sydney ont un navrant trait commun : elles sont mal fringuées.
Et pour ceux qui s'imaginent que ma critique à deux balles est méchante et gratuite, sachez que j'ai bossé deux ans 'à la source', dans la presse féminine... Alors je sais.

J'ai rencontré au cours des Collections de Prêt-à-porter, un scout de tendances envoyé ici par une grande marque New-Yorkaise. Il s'est dit emballé par la créativité locale en matière... d'accessoires. Tout est dit.

Pour survivre, l'australienne en manque d'inspiration suit à la lettre le conseil fashion du Cosmo local ou pire, l'incontournable Woman's Day. Elle épie les moindres sauts de style des starlettes d'Hollywood, et copie sans se méfier ses idoles prises en flagrant délit de faute de goût par les paparazzis résolument sans scrupules.

Bon, je vous l'accorde, la locale femelle a des circonstances atténuantes. Fagotée en uniforme informe de la Maternelle au Lycée, pour apprendre à s'habiller avec classe, y a plus efficace.

Le pire, c'est le côté mouton. Suffit qu'une journaliste pseudo inspirée monte en épingle le chasuble-en-biais-près-du-corps et voilà la jupe moulante de travers qui se répand comme le choléra.

Et le sexe faible, enrobé dans sa triste majorité, d'exhiber sans complexe les rondeurs qui boursoufflent le morceau de nylon qui sangle son séant...

Mais suis-je donc le seul à m'indigner quand la croupe déborde ?

# Posté le dimanche 26 mars 2006 23:13

Je suis australien.

Je suis australien.
Je suis australien.

Voilà, c'est fait. Je l'ai bien cherché et c'est arrivé.
Me voici officiellement Citoyen Australien.

C'est dans les salons d'apparat de la Mairie qu'un cérémonial solennel fera bientôt de moi un true Aussie. Le regard humide rivé sur l'Opéra et le Bridge qui montent la garde au fond de la Baie, j'unirai ma voix aux autres convertis du jour pour chanter Advance Australia Fair, ma nouvelle Marseillaise.

Enfin en playback, car français que je suis et que je reste, je n'aurai évidemment pas appris mon texte.

Je suis ému. Me voici, pur produit de l'immigration opportuniste, intégré avec les honneurs par ma nouvelle patrie du bout du monde.
Le moment est intense. Il rappelle la valeur sociale de l'appartenance.

Maintenant que j'ai tâté du Surf, que mon Swing s'affine, que je bois des Blondes, que je suis le Foot en live et que je trie mes ordures, il ne me reste plus qu'à comprendre le Cricket et ma mue sera complète.

Un australien pur-jus me félicite. Avec humour il insiste sur ma bravoure d'avoir accepté... l'ablation du cerveau !
Ah que j'aime cette aisance qu'ont mes nouveaux concitoyens à rire d'eux-mêmes.

Alors je relis mes chroniques. J'en assume le ton goguenard et ne renie rien de l'hommage qui pointe sous les sarcasmes.

Mais il est temps de tourner la page.
Je sens que vous vous lassez un tantinet et de passer à autre chose l'envie me chatouille.

Oui mais à quoi ?

Ben, pourquoi pas les aventures d'un kangourou de retour aux pays des grenouilles ?!...

# Posté le lundi 03 avril 2006 02:18