Vous l'aurez compris depuis que je vous assène de ces billets réguliers, je me sens bien dans ce pays.
Pourtant je dois vous avouer qu'il y a un hic, un problème de fond.
Voilà, j'ai réalisé que je ne savais pas nager.
Je ne vous parle pas de tenir sur l'eau, barboter, non ça je sais merci. Non, je vous parle de fendre le liquide à la vitesse d'un missile en début de course, je vous parle d'un marathon de plusieurs miles d'un bout à l'autre de ces plages immenses - aller retour of course -, toujours prêt à se mesurer avec un ou deux requins de passage. Je vous parle de nager à contre courant dans les courants musclés plutôt courant le long de ces côtes... Je vous parle de taper de la palme dans l'eau fraîche du petit matin, une heure d'affilée minimum, en tenant le tempo quelque soit la météo...
Cela a été très clair pour moi le premier jour où j'ai mis le pied sur une plage australienne. Limpide comme de l'eau de mer. J'ai compris que ma gentille brasse indienne, mon vague papillon et même mon impeccable dos crawlé étaient de la bibine à côté du niveau de mes nouveaux compatriotes.
Les australiens ont élevé la natation au-delà du niveau d'un sport. Nager ici est un art. Et God, ils excellent. Z'avez remarqué aux Jeux Olympiques comme ils mettent minable le reste du monde. Du travail d'artiste assurément.
Moi, tout cela me démonte.
Alors pour ne pas sombrer et noyer mon vague à l'âme, je les laisse agiter les pinceaux et de mon côté... je fais la planche.
