Birdie gagnant.

Birdie gagnant.
Birdie gagnant.

Voilà je vous l'avoue sans rougir, je me suis mis au green.

Il faut dire que j'ai des circonstances atténuantes : impossible d'habiter une ancienne colonie britannique sans être tenté de tâter du club. J'ai vécu en Afrique Australe et je suppose qu'en Inde et au Canada c'est pareil, les parcours de golf pullulent à travers les pays du Commonwealth comme les nains de jardins en banlieue parisienne. Les trous vous tendent les bras partout.

Alors moi qui m'étais gardé le sport écossais pour mes vieux jours, j'ai devancé l'appel.
Oh ça va, ne persiflez pas, soyez gentils.

Tout d'abord pas de surprise, c'est un sport british (1) : il faut le flegme. J'ai en effet vite compris que pour arrêter de labourer le tapis vert manucuré avec mon bois ou mon fer, il me fallait être détendu et concentré. Surtout ne pas jurer. Les seuls noms d'oiseau autorisés sont Birdie, Eagle, et encore plus fort Albatros ou Double Eagle...

Secundo, c'est un sport british (2) : il faut comprendre. Car pour éviter un 'flop' et exceller dans son 'swing', maîtriser son 'slice' et son 'snipe' donneront à la balle le 'spin' nécessaire pour réussir un coup 'lobé roulé' et ainsi parvenir au nirvana du golfeur j'ai nommé, être 'en dessous du par'...

Et tout cela me va bien après tout...
Que les Tiger Woods et autres Ballesteros se tiennent à leur gazon, le golf me plait et j'ai décidé de m'accrocher.

A propos je voulais vous dire, j'ai abandonné le surf.
Je me suis dit que quitte à assumer un handicap...

# Posté le dimanche 11 décembre 2005 23:04

Blues de Noël.

Blues de Noël.
Blues de Noël.

Alors je sais, je ne vais pas vous faire pleurer sur ce coup-là. Pourtant, je le dis vite mais le dis quand même : Noël à la plage, ce n'est pas vraiment Noël.

Plantons le décor.
Sommes en plein solstice d'été. Jours les plus longs. Chaleur, moiteur, bref on étouffe un peu. Ce sont les grandes vacances aussi. Donc plages bondées, châteaux de sable, effluves de monoï et tiaré, peaux dorées et maillots mouillés.

Bon ok, j'arrête, c'est cruel, le mercure était à moins combien chez vous ce matin ?

Venons-en aux faits : les australiens savent s'amuser et qu'importent les degrés, le petit Jésus sera fêté.

Les jeunes routards se regroupant sur la plage, recréent un ersatz de famille qu'ils figeront avec leur numérique. Leurs bonnets rouges aux pompons blancs s'agitent sur fond de sable blond et canettes de brune. On a même droit au vieux barbu en manteau rouge, débarquant à l'heure du goûter entouré de maîtres nageurs en tenue de travail, sa hotte chargée de bonbons pour tous les schtroumfs de la plage.

A la tombée de la nuit dans les banlieues assommées par la chaleur, les proprets pavillons en briquettes connaissent leur moment de gloire annuel. Des kilomètres de guirlandes clignotantes épousent gouttières et cheminées. Des Pères Noël en traîneaux illuminés traversent les jardins, snobant de leur grand air une armée de bonhommes en neige plastique.

Puis on passe à table où la langouste remplace la dinde fourrée et l'ananas givré la bûche aux marrons. A pleurer je vous dis.

# Posté le lundi 19 décembre 2005 01:34

Boxing Day.

Boxing Day.
Boxing Day.

Jamais compris pourquoi chez les anglo-saxons, le lendemain de Noël s'appelait le jour des boites.

A Sydney, ce serait plutôt le jour des voiles. C'est en tous les cas un jour férié fêté.

Le matin du 26, la foule encore groguie des agapes de la veille, envahit mollement mais sûrement les falaises qui délimitent à l'Est, les eaux du Port de celles du Pacifique.
On se tasse sur les plaids à pique-nique pour assister au départ de la fameuse course Sydney-Hobart.

Vénérée par tous les voileux du globe, Sydney-Hobart est considérée comme une des plus difficiles tout en étant ouverte à tous. C'est du reste le problème. L'édition 1998 est restée tristement célèbre. Elle a vu 58 bateaux passer la ligne d'arrivée sur les 115 au départ et dénombré 6 pertes humaines. Ambiance.

C'est toutefois dans les flonflons et la bonne humeur que le départ est donné. Quelques minutes après le coup de sifflet, toutes les tailles de coques tricotent encore. Puis, au détour du cap qui boucle la Baie par le Sud, les grands gréements enflent leurs voiles et filent en tête vers l'Océan grand ouvert.

La foule joue des coudes pour suivre des yeux son favori.
C'est alors qu'en ce milieu de journée d'été austral où le soleil tape sévère et la bière coule à flot, j'assiste impuissant à une rixe peu polie entre deux roux éméchés.

Tenté de faire un rapprochement facile avec le nom du jour, je me retiens.
A moins me dis-je, que ce comportement fort à propos soit ni plus ni moins qu'un acte citoyen...

# Posté le lundi 26 décembre 2005 07:10

Voeux d'artifices.

Voeux d'artifices.
Voeux d'artifices.

Chaque année tout se passe sur le Pont.
Existe t'il de meilleur choix que ce pont en arc enjambant avec élégance une des plus belles baies de l'Hémisphère Sud, pour lancer la nouvelle année dans le monde entier ? Car par la magie des fuseaux horaires, nous sommes la première grande cité du globe - n'en déplaise à la provinciale Auckland en Nouvelle-Zélande - à tourner la page du temps.

La pression est grande et Sydney ne devra pas décevoir.
Dans la foulée, les quotidiens et journaux télévisés occidentaux reprendront, si il le mérite, le spectacle féerique. Ils illustreront ainsi d'un peu d'exotisme les voeux à leur audience restée en rade à l'année passée.

Le Harbour Bridge illuminé par les gerbes multicolores sera alors en bonne place dans les medias. Et les coûts démesurés investis dans les fusées chinoises seront largement compensés par la campagne d'image internationale diffusée à l'oeil.

Et nous voilà, assistant de bon coeur depuis les bords de la Baie à cette brillante opération marketing.

Les pieds dans l'eau, la chemise ouverte et du sable plein les poches, une coupe de Champagne à la main, nous écarquillons les yeux pour ne rien rater de l'arrosage pyrotechnique. Une légère brise frôlant les 30 degrés se charge de transporter nos voeux dans la nuit moite.

Avant d'aller finir la nuit quand vous la commencerez, je profite de l'instant pour lever mon verre à votre santé et vous souhaiter très sincèrement et sans artifice, une riche et palpitante nouvelle année.

# Posté le lundi 02 janvier 2006 08:53

Modifié le lundi 02 janvier 2006 16:18

Excuse my French.

Excuse my French.
Excuse my French.

Français qui lisez ces lignes accrochez-vous.
Laissez-moi vous en conter une belle sur les réflexes linguistiques de nos amis anglophones.

Sachez que quand il laisse échapper un juron, Monsieur Smith s'excuse illico auprès de son auditoire avec un 'excusez mon français', soit 'excuse my French' dans le texte.

Imaginez ma tête lors d'une de mes premières réunions de travail.
Concentré depuis plus d'une heure sur chaque mot et tournure lâchés dans la langue de Shakespeare, ne désespérant pas d'apporter mon écot à la conversation, je sursaute quand la phrase m'est jetée à la figure. Non qu'elle me soit destinée, mais 'French', ça fait tilt tout de suite...
Et tous les yeux de se tourner vers moi amusés.

Outre la mine gênée de mon interlocutrice qui réalise ce qu'elle vient de dire machinalement, suivie de ses excuses et son explication, la situation m'amuse trois secondes.
Avant de réaliser vexé, qu'il y en a marre de voir les anglais se railler à nos dépends.

Entente Cordiale, tu parles Charles.
Si notre 'capote anglaise' s'appelle chez eux une 'French letter' et l'expression 'filer à l'anglaise' se traduit en bonne réciprocité par 'to take French leave', je ne relève aucune locution française mettant l'anglais en scène pour excuser nos égarements de langage...

D'aucuns de m'assurer que c'est historique, les français étant plus créatifs pour jurer que les britanniques. D'où l'allusion.
Mouaif.
Mais bon s'il s'agit d'un compliment, je ne leur en veux pas. Je le jure.

# Posté le dimanche 22 janvier 2006 20:42