Week-end à Uluru.

Week-end à Uluru.
Week-end à Uluru.

Alors que Zuydcote n'a plus la cote et que Rome ne se fait plus depuis longtemps 'tous les deux sans personne', que diriez-vous d'un Week-end à Uluru?
La maison ne reculant devant rien, nous l'avons testé pour vous.

D'accord, c'est un peu loin.
Mais pour nous aussi, rassurez-vous.

Uluru est au centre de l'Australie, enfin, plus précisément au centre de rien. Trois heures d'avion depuis Sydney pour Alice Springs puis 4 à 5 heures de voiture. Evitant ici deux kangourous affolés, là un gros lézard sourd et plus loin trois vaches lasses au profil africain, nous avons fendu le désert rouge jusqu'au fameux caillou.

Et là, quelle récompense.
Douceur des courbes, chaleur de ton, puissance intrinsèque, Uluru vous fait comprendre pourquoi le mot Montagne est féminin.
Elle surgit fière, au milieu de ce plateau aplani au cordeau par une main céleste immense. La roche se dresse, unique et brûlante, offrant à la horde de photographes en arrêt, le spectacle grandiose et silencieux d'ocres rosés nuancés par le soleil qui décline.

Site aborigène hautement sacré, il vous est demandé de ne pas monter. Trop gentiment, des panneaux vous prient de respecter la tradition.
Pas d'interdit formel. L'erreur.
Car au sortir des bus climatisés, des grappes de touristes rouge écrevisse se lancent à l'assaut de la pente sévère et piétinent honteusement le rocher.

Les indigènes décidemment trop polis, détournent le regard. Et projettent d'aller danser la java sur la tombe d'Abraham Lincoln... I wish.

# Posté le lundi 07 novembre 2005 16:36

Leçon de savoir vivre.

Leçon de savoir vivre.
Leçon de savoir vivre.

Pourtant pas mondains pour un sou, les australiens donnent le change... et prouvent qu'ils ont de la ressource.

Exemple. Le vendredi après-midi, cols blancs et jupes tailleurs envahissent les terrasses et les pubs de la City pour fêter la fin de la semaine travaillée.
Point de rencontre organisé plus tôt sur Internet, les groupes se forment par affinités dans les lieux branchés et s'animent bruyamment jusque tard dans la nuit.

Sous le joli prétexte de se mettre en gorge pour le week-end en vue, qu'importe l'age ou le grade, collègues de travail et vieux potes s'enfilent bières et boissons à degrés à la filée.

Honoré d'être e-mailé, me voici vendredi dernier emporté par la mêlée, prêt à avancer dans ma découverte de l'australien en société.

J'apprends la vie en sirotant ma Cascade quand, au détour d'un groupe de poulettes jacassantes en talons aiguilles, un rouquin que j'ai dû croiser une fois et demi, m'interpelle en me donnant du «Brunow» grand comme le bras.
Ma bonne éducation piquée au vif, je me creuse les méninges pour mettre un nom sur le bonhomme. Tentant sans succès de connecter les deux fils supposés déclencher l'étincelle salvatrice, j'en suis réduit honteux, à répondre à son accueil chaleureux par un sourire aussi niais que muet.

Sont trop forts. Et ce n'est pas le premier qui me la joue. Suis mis minable à chaque coup.
Doivent avoir un outil de gestion des trombines intégré dans le kit de départ.
A l'arrivée, c'est bien moi le malotru, qui l'eût cru ?

# Posté le lundi 14 novembre 2005 16:26

Un sacre vaut mieux que deux tu l'auras.

Un sacre vaut mieux que deux tu l'auras.
Un sacre vaut mieux que deux tu l'auras.

Mercredi dernier, j'ai assisté à un moment d'Histoire.

L'équipe australienne de football (soccer en anglais, ne pas confondre avec le Footy) a battu l'Uruguay dans les qualifications pour la prochaine Coupe du Monde en Allemagne.

Bon vous allez dire «on s'en fout». Ou «le soleil austral a donc fini par lui griller la cervelle»... Mais c'est que l'événement est énorme. Jugez plutôt.

Les Socceroos - contraction subtile de soccer et kangaroos - ont gagné pour la première fois depuis 32 ans (!) une place parmi les happy few qui s'affronteront l'an prochain au pays de la saucisse.

Comprenez qu'ici tout sport est sacré. Alors la simple idée de participer provoque euphorie démesurée et hystérie bigrement arrosée.
Oubliée la récente raclée des Wallabies par le Rugby Français.

Réunis au Grand Stade des JO de Sydney, 82.999 footeux exaltés glorifiaient séance tenante les héros du soir. La foule en liesse exultait et hurlait au monde son ivresse sous mes yeux médusés. Au milieu de la nuit, la ville en délire résonnait encore des klaxons et gueulantes en gaillardies par moult beuveries spontanées.

Juste une petite qualification pourtant.
Un simple ticket pour aller se faire massacrer par le gratin du ballon rond.
Car n'étant pas pour ma part un spécialiste, mon passionné de fils m'a confirmé n'avoir vu chez les australiens qu'un jeu très moyen.

Aussi, rusés qu'ils sont, ils font la foire maintenant.
Pas sûr en effet qu'il y ait une cuite au prochain épisode...

# Posté le lundi 21 novembre 2005 16:31

Internet, c'est magique ?

Internet, c'est magique ?
Internet, c'est magique ?

Quand on est au bout du monde, le web ça tient dans le move.

Certes les échanges d'emails compensent l'absence de ceux qu'on laisse, mais la toile fait plus encore.

Moi par exemple, tous les matins -pour vous c'est le soir, vous me suivez?- je me jette sur le site web du Monde.
Pas souvenir de m'être souvent « jeté » sur le quotidien papier...
Comme si être loin rapprochait.
Grâce à Internet, je sais tout sur le quotidien de votre vie sans avoir à vivre votre quotidien. Magique je vous dis.

J'ai aussi gardé le contact avec l'Administration Française. O joie. Enfin, que je croyais.
Vous avez remarqué que depuis peu, tout courrier des Impôts propose un contact email.
Easy je me dis. Y a qu'à tout leur expliquer par courriel.

Ben non. Jamais eu de réponse. Mais alors, jamais.
J'en viens à me demander si ce n'est pas le mot Sydney qui les énerve. Car quand je me décide à téléphoner - à mes frais, thank you very much - et que je tente le «vous-comprenez-suis-à-20.000kms-pas-facile», pas la moindre once de compassion ne saisit mon interlocuteur.

C'est à chaque fois pareil, quand vous dites que vous vivez à Sydney, impossible de faire pitié.

Essayez vous allez voir : dites “Sydney” à votre voisin de queue pour votre sandwich à midi et vous verrez ses yeux se remplir de vagues, de surf et de soleil.

En attendant, à cet instant précis il croque dans une bonne baguette fraîche et du saucisson sec.
Et franchement de ce côté là, Internet ne peut rien compenser...

# Posté le lundi 28 novembre 2005 16:43

Modifié le mardi 29 novembre 2005 00:35

Même pas drôle.

Même pas drôle.
Même pas drôle.

On a tendance à l'oublier mais l'Australie est un pays de blancs et de noirs. Comme d'autres.
Et le rapport entre les deux peuples est ambigu. Comme d'autres, bis.
Pas très original.
Comme si la différence de peau agissait partout de façon plus active dans les problèmes de communication entre les hommes que la différence de langue...

Décimé par les premiers colons et par les maladies occidentales, le peuple passif et sage qui régnait sur l'île-continent depuis des millénaires, était au début du XXe siècle en voie d'extinction - 60.000 âmes en 1920. Mais qui s'en préoccupe alors ? La politique dramatique dite d'assimilation qui consistait à enlever des enfants aborigènes pour les placer dans des familles blanches a conduit à ce que l'on appelle aujourd'hui un peu gêné, 'les générations volées'.

Du chemin a été fait depuis. Le peuple aborigène a obtenu le droit de vote en 1967 (!) et le Jour du Pardon suivi de la Semaine de la Réconciliation sont depuis 1998 l'occasion une fois par an, de se tomber dans les bras.

Mais on assiste de nos jours à un genre de mea culpa expiatoire un peu nauséabond. Cela se concrétise par l'exhibition de l'indigène de service en début de tout évènement, armé d'un speech systématique souvent sans rapport avec le thème du jour ou l'audience... Il ou elle monte en chair, dit ses lignes, on applaudit et on passe à autre chose, soulagé d'avoir fait son devoir avec 'la minute aborigène'...

Je ne dis pas que ce n'est pas bien, je dis que ce n'est pas simple.

# Posté le lundi 05 décembre 2005 02:52

Modifié le lundi 05 décembre 2005 16:43